lundi 16 janvier 2017

Élégies au grand départ

Il se fait tard ce soir

Mon dieu, comme il se fait tard ce soir.
Tous, si gentils, sont venus me voir,
Grands et petits, tous ces êtres aimés
Avec leurs sourires désolés.

Tout est en ordre désormais,
Je peux enfin partir en paix.
Chaque chose bien à sa place,
Bien rangée dans son espace.

Il faut être très précis
Pour qu’ils n’aient aucun souci.
Je m’endors déjà, serein,
Vraiment, ce soir, je suis bien. 

Une chambre simple, un lit douillet,
Le poste de télévision, muet,
Me projette des images insensées

Jusque dans les limbes de mes pensées.
Sur la table un simple bouquet de roses

Exhale ses odeurs ; je me repose. 

Le sommeil vient, doucement me guette
Comme une petite mort discrète,

Les images une fois disparues,
Je pars pour un voyage inconnu,
Je n'entends que le bruit de mon cœur,
Trop faible pour conjurer mes peurs.
Il doit se faire bien tard ce soir
Et ainsi, je suis bien dans le noir.

Il faut bien une fin à l’histoire,
Qu’enfin on rejoigne le terroir,
Oui, il se fait vraiment tard ce soir,
Quand s’estompe le dernier espoir ;
Morphée, emporte-moi dans tes bras,
Maintenant, advienne que pourra. 

<< • Ch Broussas ° © CJB  ° • 14/01/2017  >>

En guise d'au revoir

Ne dit-on pas que tant qu’on est  vivant dans le cœur
D’un être aimé, on n’est pas tout à fait mort,
Que toujours demeure la petite flamme intime
Qui, tout au tréfonds de l’âme, nous anime.

Cette petite flamme, nous la portons en nous
Pour qu’elle nous renvoie sa part de mystère
À travers ce lien qui nous rattache à la terre
Quand nous implorons le ciel à genoux.

Cette connivence comme disait René Char,
Est tissée des joies, des peines partagées,
Quand tant de souvenirs emplissent une mémoire
Pleine de tant d’images de l’être aimé.

Après la sidération de la séparation,
Naît un temps de  doutes et d’interrogations,
Vient le temps mêlé qui a imprimé sa trace,
Vient le temps des « qu’aurait-il fait à ma place ? »


Comme a écrit René Char à la mort de Camus, son ami,
Encore tout imprégné du poids de son absence :
 « Avec celui qui n’est plus, celui qui est parti,
Nous ne pouvons plus parler, mais non, ce n’est pas le silence. »

       
<< Ch. Broussas ° © CJB  ° • 09/01/2017 >>




Pour celui qui est parti

A toi, désemparé, qui as perdu un être si cher,
Rappelle-toi seulement vos plus beaux souvenirs,
Rejette les maux de la tristesse et des chimères,
Ressens sa présence pour les temps à venir. 

 
Il a entamé un autre parcours, nouveau prélude
Qui est pour toi le signe d'une présence discrète,
Offre lui ainsi ces mots comme une intime fête
Qui sont gage de sérénité et de quiétude.


Maintenant, il est devenu comme un ange,
Un ange gardien bienveillant qui peut guider tes pas,
Invisible mais ô combien présent dans tes songes,
Que tu pourras toujours consulter et écouter tout bas.


       Orchidées
 Il est là quelque part, inaccessible à nos pauvres sens,
Protégeant tous ceux qu'il aime de son aile immense,
Attentif à toujours manifester ici ou là sa présence,
malgré le manque qui persiste, le poids de l'absence.


Tends bien l'oreille, écoute bien cet ultime message
D'espoir qu'il t'envoie, ces mots qui viennent d'un sage,
Reçois son mystère, démêles-en bien les signes,
Prends-en toute la mesure pour en être vraiment digne.


Contemple bien ce symbole de joie qui frissonne en s'élevant
Lentement jusqu'au zénith, qui a tant à t’offrir,
Cette petite flamme si fragile qui t'entraîne tendrement
Sur le chemin de la vie pour toujours te voir sourire.

       
<< Ch. Broussas • Feyzin ° © CJB  ° • 30/12/2016  >>

Salut René,
Que dire maintenant de cet inéluctable
Qui rejoint le domaine de l’indicible ?
Si peu qui puisse aider, conjurer le sort.
Mais je sais bien en tout cas que tu resteras
À tout jamais dans nos pensées, cher à nos cœurs,
Jusqu’à ce jour fatal où on se reverra.


Ce petit poème à sa mémoire.
au revoir
<< Ch. Broussas • Salut René ° © CJB  ° • 09/01/2017 >>